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La mère poule en lui

Édito – Avril 2013

Entre mon amoureux et moi, les rôles sont presque interchangeables.

À l’image de ce que décrivent les études sur les «nouveaux pères», le papa
de mes enfants aime tout autant faire la cuisine, donner le bain, hydrater les
petites joues sèches de nos enfants ou leur lire des contes, encore et encore.
De mon côté, mère «multitâche» que je suis, je ne rechigne pas à sauter sur notre tracteur pour couper l’herbe, à monter les meubles en pièces détachées ou à laver à grande eau le garage, triant au passage clous, embouts de perceuse ou bâtons de randonnée…

Finalement, que reste-t-il de différent dans nos rôles, aux yeux des enfants?
J’ai eu plaisir à en discuter avec le spécialiste de la paternité Daniel Payette, un
psy qui a longuement planché sur la «spécificité» des pères. Il m’a expliqué que le papa était généralement plus ludique, imprévisible, stimulant, mais qu’il incarnait aussi l’exploration, la prise de risque.
Alors que maman porte souvent son bébé face à elle, papa élargit les perspectives. Il l’embarque sur ses épaules pour vingt minutes de rodéo, le temps de se rendre au parc. Et une fois au parc, alors que maman répète au grand frère de faire attention, papa l’incite à aller haut, toujours plus haut.

Ces subtiles nuances seraient en fait utiles et complémentaires. «Depuis la nuit des temps, pour des raisons hormonales et physiologiques, le rôle de la mère est davantage de calmer, de réconforter, tandis que celui du père est de déstabiliser, de stimuler», m’a résumé le psychologue.

Je l’ai écouté et j’y ai réfléchi comme il faut. Mais je me dis que, même dans leur
rôle protecteur, les mamans ont de la compétition… Chez nous, c’est papa qui «double-vérifie» l’habillage des enfants en hiver, s’assurant que la combinaison passe bien sous les chaussettes, le pantalon sur les bottes, le manteau sur le cache-cou, etc. C’est lui qui va border tous les soirs nos oisillons, remontant leurs couvertures jusqu’au cou en leur chatouillant les pieds au passage. Je ris souvent en lui faisant remarquer qu’il n’a probablement pas oublié ce rituel une seule fois depuis que les enfants sont nés. Et que je suis certaine qu’il le fera encore quand ils auront 16 ans. C’est encore lui qui met des petits mots dans leurs boîtes à lunch, veille à ce qu’ils aient une collation suffisante, leur colle des pansements sur leurs égratignures… que moi, mère ingrate, je me contente de désinfecter en lançant un «Allez, retourne grimper dans l’arbre!».

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