superbanniere
Abonnement Magazine

Marianne Verville: Dans la peau d’Aurélie Laflamme

photo: Marie-Josée Legault

photo: Marie-Josée Legault

À 16 ans, Marianne Verville décroche un premier grand rôle au cinéma. Portrait d’une fille douée… pour le bonheur.

Cela ressemble à un conte de fées. Un conte de fées made in Québec. L’histoire d’une jeune fille qui rêvait d’être comédienne et qui décroche LE rôle dont rêvent toutes les comédiennes en herbe: celui d’Aurélie Laflamme, l’héroïne de la série culte signée India Desjardins — 475 000 exemplaires vendus pour les six premiers tomes, ce qui s’appelle, au Québec, un succès d’édition phénoménal.

Pourtant, Marianne Verville n’avait même jamais lu Le journal d’Aurélie Laflamme (éditions Les Intouchables), quand elle a appris qu’on voulait en adapter le premier tome au cinéma. Mais le métier de comédienne l’attirait depuis toujours. «Quand j’ai entendu dire qu’il y aurait des auditions publiques pour les rôles d’Aurélie et de Kat, sa meilleure amie, je me suis dit que je devrais peut-être lire le premier tome, au cas où…» Puis la jeune fille, qui a aujourd’hui 16 ans, a lu le second, et le troisième, prise par le récit drôle et touchant d’Aurélie, 14 ans, orpheline de père, à couteaux tirés avec sa mère qu’elle adore, lectrice assidue de Archie, grande gaffeuse devant l’Éternel, secrètement persuadée qu’elle est, en réalité, une extraterrestre.

Contrairement à Aurélie, Marianne Verville n’est ni orpheline de père, ni fille unique, ni extraterrestre. Elle a un frère de 18 ans et un père (et une mère) bien présents. Et elle semble avoir les deux pieds sur terre. Pour jouer le rôle d’Aurélie Laflamme, 4 000 filles avaient posé leur candidature sur Internet, et 1 300 ont été retenues pour les auditions publiques. Marianne ne se leurrait pas: ce n’est pas parce qu’on est la fille d’un des humoristes et comédiens les plus appréciés du Québec, en l’occurrence Pierre Verville, que les portes s’ouvrent devant soi comme par magie. À part quelques brèves incursions à l’écran — une publicité de lait (avec son papa), un rôle de figuration dans J’ai tué ma mère, de Xavier Dolan (la scène tournée dans un autobus) —, l’expérience de cette adolescente de Saint- Lambert se résumait aux productions scolaires. «Bref, j’étais sûre que mes chances étaient nulles!» souligne-t-elle. Mais le 21 août 2009, la jeune comédienne passait son audition devant India Desjardins, l’auteure des livres, et Christophe Laurence, le réalisateur du film. Pour eux, cela n’a fait aucun doute, elle était Aurélie. «Deux semaines plus tard, le tournage du film commençait, dit Marianne. Tout s’est passé tellement vite qu’aujourd’hui encore je me demande si je n’ai pas rêvé!» Il faut dire qu’elle partageait avec Aurélie Laflamme plusieurs traits de caractère, dont une fâcheuse tendance à se mettre les pieds dans les plats. «Si je rencontre un gars qui me plaît, inévitablement je multiplie les gaffes! avoue-t-elle. Dans ces moments-là, je me sens vraiment proche de mon personnage.» Et, comme cette héroïne, elle est pince-sans-rire. «Le producteur, Claude Veillet, m’appelait Mr Bean!» ajoute-t-elle.

Vie de star
Pendant près de deux mois, Marianne Verville a pratiquement vécu sur le plateau de tournage. Avec la bénédiction de la direction de son collège, elle a pu manquer ses cours, qu’elle a ensuite repris en travaillant avec des tuteurs privés. Ses parents l’ont soutenue tout au long de cette joyeuse galère. «Mon père était quasiment plus stressé que moi, raconte-t-elle en riant. Il était tout énervé. Nous savions tous que c’était une chance inespérée de démarrer ma carrière.»

Son père, qu’elle avait déjà accompagné sur le plateau de la série Les Lavigueur, la vraie histoire, l’a aidée à répéter ses textes, mais aussi, par son exemple, à rester humble. «Il est tellement modeste! dit Marianne. Même trop! Quand il a remporté le prix Gémeaux du Meilleur premier rôle masculin dramatique pour son interprétation de Jean-Guy Lavigueur, il n’arrêtait pas de répéter que c’était un travail d’équipe, comme si son talent n’était pas en cause!»

La jeune artiste a beau être convaincue que sa soudaine notoriété ne changera rien à sa vie, elle n’en est pas moins fière du travail qu’elle a accompli. «Je sais que certaines lectrices sont déçues parce que je ne ressemble pas à l’Aurélie dessinée en page couverture des livres. Mais je crois, j’espère, qu’elles embarqueront tout de même dans le film.»

Le temps nous dira s’il y aura ou non une suite à cette réalisation de Christian Laurence. En tout cas, le projet est dans l’air. Quant à savoir si Marianne Verville voudra poursuivre l’expérience, la réponse est immédiate: «N’importe quand. C’est clair!»

Enfants Québec, juillet-août 2010

Commentaires

commentaires

3 commentaires

À lire aussi

Rencontre avec l’auteur et illustrateur Rogé

Récemment installé à Montréal, l’auteur et illustrateur...

Lire la suite →

Les conseils stylés d’Alexandra Diaz

L’animatrice Alexandra Diaz rayonne au naturel. Elle partage...

Lire la suite →

En famille avec Dominique Demers

L’été dernier, l’auteure Dominique Demers a invité notre...

Lire la suite →

Nos blogues

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Que faire pour contrer le phénomène de l’intimidation? On parle souvent des comportements et...

Lire la suite →


Regarder un enfant dans les yeux

Regarder un enfant dans les yeux

Quand on a des enfants, l’heure du souper est particulièrement intense, tout le monde sait ça. On se...

Lire la suite →


Le plus beau jour de ma vie

Le plus beau jour de ma vie

Martin Marier raconte l'accouchement de sa blonde et la naissance de sa fille, le soir où il est...

Lire la suite →