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Florence K, mère nature

photo: Marie-Josée Legault

Quand elle a appris qu’elle allait être maman, Florence K n’avait que 22 ans. Elle venait de terminer son baccalauréat en communication, partageait un 4 ½ avec une «coloc», se nourrissait de soupes tonkinoises et gagnait sa vie en jouant du piano les soirs dans un restaurant polonais. «Ça faisait deux mois que je sortais avec le père du futur bébé, raconte la chanteuse, un pilote d’hélicoptère qui habitait Chicoutimi et avait déjà un fils. On était loin de la situation rêvée! Je me rappelle clairement le moment où j’ai vu le résultat de mon test de grossesse. J’étais dans mon appartement. Je me suis couchée par terre, sur le plancher de bois franc, et j’ai contemplé le plafond pendant de longues minutes.»

Puis Florence a appelé sa mère (la soprano Natalie Choquette), qui était dans un studio de télévision en train de se faire maquiller. «Elle s’est exclamée: “C’est merveilleux, je vais être grand-mère!” se souvient la chanteuse. Et quand je lui ai fait part de mes inquiétudes — ma situation précaire, ma carrière naissante — elle m’a dit: “Tu sais, Florence, chaque enfant apporte son propre pain.” Et cette phrase a tout changé.»

Aujourd’hui, à 27 ans, Florence K a le vent dans les voiles. Entre les tournées à l’étranger (le Japon, Hong Kong, Beijing en mai, Cuba en juin), la préparation de son prochain album qui viendra boucler ce qu’elle appelle sa trilogie havanaise (après les albums Bossa Blue et La historia de Lola, qui ont tous deux remporté un Félix du meilleur album dans la catégorie Musiques du monde), la chanteuse, pianiste et compositrice n’hésite pas à s’engager envers des causes qui lui tiennent à coeur, dont l’Unicef et le Centre Le Faré pour femmes et familles en difficulté. La conciliation vie artistique et vie familiale, pour cette maman d’une petite Alice Rose de 3 ans et demi, est quelque chose de naturel. Après tout, cette fille de musiciens (son père, Hany Khoriaty, est guitariste), a grandi dans l’univers des studios et des salles de spectacle. «La famille, c’est un havre de paix, souligne-t-elle. C’est notre point d’ancrage, ce qui nous tient.»

Et la sienne est tricotée serré. Elle habite tout près de sa maman et de ses soeurs de 10 et 12 ans, et de ses grands-parents maternels. «Alice Rose est super bien entourée, se réjouit-elle. C’est tellement précieux! Elle a une relation privilégiée avec son papa, qui s’en occupe énormément. Son arrière-grand-père de 82 ans va souvent la chercher à la garderie. Son arrière-grand-mère l’amène à la petite boulangerie, les après-midi. Elles prennent le thé (pour Alice Rose, c’est un chocolat chaud!) et des croissants, et elles jouent aux cartes. Mon père est aussi très présent. Il vient souvent dormir à la maison. On se voit tout le temps.»

De mère en fille
Si le quotidien de la chanteuse est parfois compliqué («On jongle beaucoup!»), il n’est jamais banal. «Alice Rose comprend mon métier, dit Florence K. Si elle semble triste de me voir partir pour donner un spectacle, je transforme les préparatifs en fête. Je lui demande de m’aider à remplir mon «sac de spectacle». Elle me donne des conseils, m’aide à choisir mes bijoux, mon “maquizage”. On transforme tout en activité. Quand je dois répéter, je l’installe avec son petit bricolage à côté de moi. Elle aime beaucoup m’entendre faire des vocalises, elle trouve ça drôle! Dans notre vie, la musique est présente au quotidien, poursuit Florence K. On chante sans cesse, peu importe la circonstance! On a une chanson pour chaque situation.»

Pour Florence K, être mère a été une véritable révélation. «Ma vie a complètement changé. Je ne pense plus de la même façon, je suis de plus en plus consciente de mes choix, de mon avenir, de la fragilité de la planète. J’essaie de faire ma part. Par exemple, il y a très peu de jouets qui entrent dans ma maison. J’ai mis une croix sur tous ces machins en plastique qui polluent et avec lesquels les enfants ne jouent même pas! Alice Rose a mille fois plus de plaisir à m’aider à faire un gâteau aux bananes, à chanter ou à dessiner.»

Florence aura-t-elle d’autres enfants? «J’en suis convaincue, répond-elle. Mais j’aimerais peut-être en adopter. J’ai adoré l’expérience de porter mon enfant. Seulement, il y a tant d’enfants dans les orphelinats, des enfants qui souffrent et à qui on peut donner un foyer. Ce n’est pas pour tout de suite, mais éventuellement dans quelques années…»

Enfants Québec, mai-juin 2010

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