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Élyse Marquis

photo: Marie-Josée Legault

photo: Marie-Josée Legault

Depuis qu’elle est maman, la comédienne et animatrice Élyse Marquis se redécouvre et redécouvre la vie.

Elle a une prédisposition à s’émerveiller de tout et de rien, une spontanéité désarmante, des allures d’éternelle enfant. Pas étonnant que la comédienne Élyse Marquis ait longtemps joué dans des émissions pour la jeunesse, de Télé-Pirates à Chaboum, en passant par Le Club des 100 watts. Mais attention: cette fille unique qui a grandi à Boucherville, sur la Rive-Sud de Montréal, est beaucoup moins naïve qu’elle en a l’air. Elle a même longtemps été, de son propre aveu, «quelqu’un de contrôlant». «J’ai toujours tout, tout, tout planifié, scande celle qui anime Ma radio au boulot sur les ondes de Rock Détente cinq jours sur sept. J’ai toujours voulu contrôler ma vie, savoir où je m’en allais.»

Quand elle est tombée enceinte, en 2003, Élyse Marquis voulait accoucher le plus naturellement possible, à la maison, si tout se passait bien. Prudente, elle avait aussi rédigé son «plan de naissance» à remettre au personnel infirmier pour le cas où elle devrait accoucher à l’hôpital. «J’avais demandé spécifiquement qu’on ne me donne pas d’épidurale, raconte-t-elle, qu’il n’y ait pas d’étudiants dans ma chambre, juste mon chum (le chanteur Marc Déry) et la sage-femme, puis le médecin au moment où ce serait absolument nécessaire.»

Or, le 17 mars 2004, rien ne s’est passé comme prévu. Sa fille Alice est née à l’hôpital après 40 heures de travail, par césarienne d’urgence. Élyse a eu une épidurale, elle était «branchée de partout », il est arrivé tout le contraire de ce qu’elle avait imaginé. «Ce jour là, dit-elle, je l’ai appris à la dure: avec un enfant, on peut toujours rêver, mais on ne peut pas tout contrôler, c’est impossible. Maintenant, je suis quelqu’un de beaucoup plus flexible.»

Maison de poupée
Chez Élyse Marquis, la maison est toute à l’image de ce lâcher-prise, qui n’a rien à voir avec le laisser-aller. Le salon s’est transformé en salle de jeu, avec des jouets en guise de bibelots, un plancher entièrement recouvert de ces grands carrés de caoutchouc mousse qu’on assemble comme des pièces de puzzle. Dans ce décor plein de couleurs, la petite Alice doit avoir l’impression d’être au pays des merveilles!

«Je ne suis pas une mère sévère, nous confie Élyse Marquis. Je ne ressens pas le besoin de l’être. Alice est très sage, elle partage avec ses amies, elle est à l’écoute des autres. Mais je suis une mère très… présente. Je dois même faire attention pour que ma relation avec ma fille ne soit pas trop… fusionnelle. Alice me dit souvent que nous sommes comme deux amies. Même si je sais que tous les livres sur l’éducation affirment le contraire, je la laisse faire. J’étais comme ça avec ma mère, et les choses se sont très bien passées. Par contre, quand c’est le temps de faire régner la discipline, je fais ce qu’il faut.»

Telle mère, telle fille
Comme sa fille, Élyse Marquis était une enfant unique. «Et j’ai adoré ça! assure-t-elle. J’aimais aller chez mes amies, mais j’étais toujours heureuse de revenir à la maison. Je me trouvais chanceuse de n’avoir ni frère ni sœurs!» Encore aujourd’hui, la comédienne a besoin de sa dose de solitude. «Il me faut des moments de calme. Et ma fille est pareille. Même si elle joue beaucoup avec ses amies, elle peut s’amuser toute seule très longtemps.»

Et comme sa mère lorsqu’elle était enfant, Alice a tendance à rechercher l’approbation de ses pairs et des adultes qui l’entourent, et n’aime pas être prise en défaut… «Je me reconnais tellement en elle, dit Élyse Marquis. Ce désir de performer. J’étais comme ça quand j’étais petite. Pour plaire aux autres, j’étais prête à tout donner.»

Élyse Marquis ne s’en cache pas, elle a mis du temps avant de prendre sa place dans la vie. «Aujourd’hui, dit-elle, j’essaie de montrer à ma fille non pas à prendre la place des autres, mais bien la sienne. J’essaie de lui inculquer le respect d’elle-même d’abord, et ensuite celui des autres.»

Et elle travaille très fort pour ne pas lui transmettre sa bête noire: son inquiétude chronique! «C’est ce que je trouve le plus dur, dans la vie de mère, poursuit-elle. L’inquiétude constante. Il me semble que je suis toujours anxieuse. Je ne suis tranquille que lorsqu’Alice est couchée et qu’elle dort! Je ne veux même pas imaginer comment je me sentirai quand elle sera adolescente. J’ai tellement peur de lui communiquer mon inquiétude que je vois un psychologue, juste pour régler ce problème.»

Heureusement que, pour se changer les idées, Élyse a ce travail qu’elle adore et qui est, pour elle, le «boulot» idéal. La radio l’oblige à lire sur toutes sortes de sujets, à s’intéresser à la scène culturelle, à voir des spectacles, des films, des pièces de théâtre, et à rester en contact avec l’actualité. «Le plus grand défi, je trouve, pour les parents d’aujourd’hui en général, c’est de réussir à s’accomplir sans négliger son rôle de parents, remarque-t-elle. C’est sûr que, si je m’écoutais, je passerais ma vie avec ma fille. Mais je sais très bien qu’il me manquerait quelque chose. Ce n’est pas facile de bien doser tout ça. J’ai des amies qui travaillent énormément et dont les enfants sont super équilibrés, mais je vois aussi des mères qui restent à la maison et qui sont déprimées. Il n’y a pas de règle. Tout ce que je sais, c’est que, si je suis une maman heureuse, j’aurai une fille heureuse.»

Heureuse, elle l’est manifestement. «Je “tripe” tellement, quand je parle avec ma fille, quand elle me fait partager ses observations, ses questionnements, quand elle m’explique comment elle voit le monde, quand je l’entends raconter à tout le monde qu’elle veut “passer à la télévision” et enregistrer un disque de chansons pour ses amies (elle chante très bien!). Redécouvrir la vie à travers les yeux, le cerveau, le cœur d’un enfant, c’est comme avoir une deuxième chance de vivre, en mieux…»

Enfants Québec, septembre 2009

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