superbanniere
Abonnement Magazine

Daniel Brière

photo: Marie-Josée Legault

photo: Marie-Josée Legault

Du Déclin de l’empire américain à C’est pas moi, je le jure, de Annie et ses hommes à la toute nouvelle série Les Parent, Daniel Brière multiplie les rôles au grand et au petit écran; en plus de jouer au théâtre, de faire de la mise en scène et de signer des créations. Portrait d’un artiste polyvalent et d’un père de famille… présent.

Sous les cliquetis de l’appareil photo, Daniel Brière est dans son élément. Il pose avec un naturel désarmant. Se coiffe de son chapeau. Grimpe sur la chaise. Contrôle ses effets. Pour ce comédien et metteur en scène, membre cofondateur du Groupement forestier du théâtre et codirecteur artistique du Nouveau Théâtre expérimental, jouer est une seconde nature. C’est sa vie. Mais attention: ce n’est pas toute sa vie.

«J’ai toujours donné la priorité à mes enfants, à ma famille», explique Daniel Brière. Et croyez-le, ce ne sont pas des mots creux. «Quand j’ai commencé ma carrière, raconte-t-il, je jouais au Théâtre du Nouveau Monde. Ma conjointe était sur le point d’accoucher, alors j’ai moi-même engagé et payé une doublure prête à me remplacer au pied levé, pour le cas où le bébé arriverait un soir de représentation. Mes collègues plus âgés me regardaient comme si j’étais un extraterrestre!»

Seize ans plus tard, les convictions de celui qui incarne François dans Annie et ses hommes, et François (encore!) dans Caméra Café, n’ont pas changé. Avec sa conjointe, l’auteure et comédienne Évelyne de la Chenelière, sa famille recomposée qui compte quatre enfants de 16, 13, 11 et 7 ans (ses deux garçons, celui de sa compagne, et la fille qu’ils ont eue ensemble), il mène une vie d’artiste palpitante, mais stable. Daniel Brière veut être présent pour ses enfants, quitte à refuser des offres parfois très alléchantes. «Évelyne et moi nous efforçons d’établir des horaires qui nous conviennent», explique-t-il. À eux deux, ils incarnent magnifiquement le concept de conciliation travail-famille.

En 2004, le couple s’est même créé un spectacle sur mesure (Nicht retour, Mademoiselle). «Nous voulions jouer au théâtre, mais aussi être avec nos enfants, dit-il. Nous avons donc imaginé une pièce qui se passait dans un pensionnat, et que nous pouvions présenter en deux versions ¾ l’une pour les week-ends, dans laquelle les enfants jouaient; l’autre pour la semaine, où ils n’étaient pas présents. Ils ont adoré l’expérience!»

Quant à savoir si l’un d’eux a eu la piqûre, leur père croit qu’il est trop tôt pour le dire. «À 16 ans, j’étais loin de me douter que je serais comédien. Je faisais beaucoup de musique, je jouais de la flûte traversière, de la mandoline, du banjo. C’est plutôt au cégep que j’ai commencé à faire du théâtre. Et j’ai vraiment eu du plaisir.»

Cet automne, le comédien sera omniprésent. On le verra au cinéma dans un film de Philippe Falardeau, C’est pas moi, je le jure, interpréter un père de famille des années 1960 dépassé par les événements. Et au petit écran, en plus de revenir jouer les amis envahissants dans Annie et ses hommes, il sera de la distribution d’une série très attendue, Les Parent, présentée à Radio-Canada à partir de septembre. «Tout le monde va se reconnaître dans cette émission, promet-il. L’auteur (Jacques Davidts) a vraiment conçu un petit bijou. On est dans le quotidien d’une famille de trois garçons dont le père et la mère (Anne Dorval) travaillent. Il y a des situations franchement tordantes. Mais aussi beaucoup de tendresse. Ce n’est pas une famille recomposée, ni une famille en crise. Simplement une famille heureuse.»

Comme la famille au sein de laquelle a grandi Daniel Brière? «Absolument, répond-il sans hésiter. Nous étions quatre enfants. Mes parents étaient heureux. Ma mère riait tout le temps. Ils nous ont élevés dans l’esprit de famille, d’entraide, de rassemblement. Ce sont eux qui m’ont appris qu’un enfant, ce n’est jamais de trouble. C’est un cadeau du ciel.»

Et c’est aussi, pour un comédien, un formidable garde-fou. «Nous faisons un métier qui nous incite à travailler continuellement sur nous-mêmes, sur notre image, explique-t-il. C’est facile ¾ et dangereux ¾ de devenir égocentrique. Changer les couches, se lever la nuit, consoler un enfant qui a mal, rien de tel pour revenir sur terre.»

Enfants Québec, septembre 2008

Commentaires

commentaires

Comments are closed

À lire aussi

Rencontre avec l’auteur et illustrateur Rogé

Récemment installé à Montréal, l’auteur et illustrateur...

Lire la suite →

Et si on prenait des vraies vacances ?

Vous n’avez pas besoin de faire de plan pour être...

Lire la suite →

Fêtes de famille et conflits familiaux

Mariages, anniversaires de naissance, baptêmes… Quand les...

Lire la suite →

Nos blogues

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Que faire pour contrer le phénomène de l’intimidation? On parle souvent des comportements et...

Lire la suite →


Regarder un enfant dans les yeux

Regarder un enfant dans les yeux

Quand on a des enfants, l’heure du souper est particulièrement intense, tout le monde sait ça. On se...

Lire la suite →


Le plus beau jour de ma vie

Le plus beau jour de ma vie

Martin Marier raconte l'accouchement de sa blonde et la naissance de sa fille, le soir où il est...

Lire la suite →